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 A la loupe - Exocet Kona Style.
 Par Windsurfjournal
  (1st. June, 2006)
 Exocet Kona test.
 By Eddy Patricelli
 (10th. May, 2006)
 Première navigation en Kona.
 Par Tom Ingram
  (10th. Avril, 2006)
 KONA first ride.
 Par Steve Gottlieb
 (2nd. Avril, 2006)

Exocet Kona test
Par Eddy Patricelli (10th. May 2006)

Test de la Kona Style par Eddy Patricelli du magazine US WindSurfing, le tout premier journaliste à essayer la Kona, planche qui a fait beaucoup parler d'elle ces derniers temps :

Impressions à terre

  • Le flotteur ne passe pas inaperçu sur la plage, tant par une taille devenue quelque peu inhabituelle (3,50m) que par la décoration florale originale qui l'habille entièrement, rails inclus.

  • La Kona est assez légère et relativement facile à porter en raison de sa largeur modérée.

  • Les footstraps avant sont placés juste derrière la dérive, laissant une surface importante entre celle-ci et le pied de mât : les débutants apprécieront, de même que ceux qui voudront s'essayer au freestyle " old school ".

  • Les rails sont bien ronds et l'outline ressemble à celui d'un longboard de surf.

  • Le pont en EVA recouvre la totalité du flotteur, jusqu'aux rails: un gage de confort et de sécurité pour les débutants qui ne risquent pas de se blesser en montant sur la planche.

  • Le pied de mât est un rail classique, non réglable, ce qui veut dire que vous devrez vous arrêter pour changer de position de Pdm. Ceci étant dit, je n'ai jamais éprouvé le besoin de le faire, même en passant de 6,7 à 9,0 M2.

  • Le boîtier d'aileron est un Powerbox, ce qui est très pratique, mais limite aussi la taille maximum utilisable. Cependant ce ne devrait pas être un inconvénient majeur compte tenu de la grande longueur de rails du flotteur : il n'est pas utile de monter un 65cm !


    Impressions sur l'eau

  • Dans le petit temps, la planche glisse sur l'eau. De quoi me remémorer des anciennes sensations, celles de mes débuts: ce n'était seulement le plaisir de la vitesse qui m'avait fait devenir un accro du windsurf à l'époque, mais aussi cette impression magique d'être suspendu à la voile et d'évoluer en silence, le corps à quelques centimètres de l'eau. Un vrai plaisir… même dans très peu de vent.

  • La planche réagit très vivement et le virement de bord est étonnamment rapide. Il suffit de bien pencher la voile sur l'arrière et de se souvenir que la dérive baissée impose une bonne pression des pieds sur le rail au vent… Je me suis senti un peu " rouillé " dans cet exercice au début: ça faisait si longtemps…

  • Le Planing: un peu de pomping dans une rafale et la planche accélère progressivement, un peu comme si on passait des vitesses: seconde, troisième… jusqu'à la cinquième vitesse. Au début ça fait un peu bizarre : en fait sur les planches larges " modernes ", c'est un peu tout ou rien au niveau de la vitesse. Mais celle-ci offre plus de progressivité et de régularité dans les accélérations, indépendamment des rafales ou des baisses de vent.

  • Contrairement aux petites planches, la Kona demande de fréquents mouvements de pieds, le but du jeu étant de trouver le meilleur placement sur le flotteur en fonction de l'allure (ce qui est d'ailleurs rendu plus agréable par le confort moelleux du pont). Quant à la navigation sur la tranche, j'ai essayé, mais à vrai dire je ne suis pas très au point dans cet exercice… Cependant il faut reconnaître que cette planche encourage à s'y essayer encore et encore, et qu'on ne risque pas de se faire mal: merci aux rails recouverts d'EVA !

  • Dans les vagues … eh bien la Kona passe la barre un peu à la manière d'un tank Sherman ! Elle écrase tout sur son passage et progresse quoi qu'il arrive. La dérive permet d'aller facilement au large, même par vent bien onshore. De plus l'excellente glisse de la planche dans le tout petit temps lui donne assez de vitesse pour passer les mousses facilement. Et elle est si stable sous les pieds qu'il est aisé de garder de l'équilibre, même quand on est un peu chahuté par la vague. En fait, la Kona pourrait permettre à pas mal de " waveriders en puissance " de s'aventurer enfin dans les vagues, en toute sécurité. Et au fait, si jamais vous tombez… il suffit de relever la voile et hop, c'est reparti !

  • Au surf… le truc c'est de faire juste un peu attention aux surfeurs, car vous pourrez prendre des vagues de bien plus loin… et tant pis pour eux ! Attention quand même, quand la vague creuse devant vous, à bien penser qu'il est indispensable de reculer vos appuis sous peine d'enfourner. Je l'ai oublié une fois et on ne m'y reprendra plus.

    Conclusion: Je veux cette planche ! Elle est ultra polyvalente et combine le meilleur de l'ancien et du moderne dans le windsurf. J'aime aussi le fait qu'elle puisse servir également à enseigner la planche à des débutants, sans devoir pour autant leur imposer le côté (coûteux) de la " course à l'armement " ni la perpétuelle attente du vent, qui sont trop souvent le quotidien des windsurfeurs chevronnés. Mais, si j'ai hâte de pouvoir initier quelques amis au windsurf sur la Kona, en espérant les voir devenir des vrais mordus, je suis encore plus pressé de voir ce que cette planche peut réellement apporter à notre sport. En effet, je suis persuadé que la Kona a le potentiel de faire (re)venir au windsurf de nombreux pratiquants, quels que soient le plan d'eau ou la qualité des conditions… et surtout d'en faire des planchistes tout simplement heureux d'être sur l'eau ! Et ça, c'est vraiment une bonne nouvelle. Pour tout dire j'ai été vraiment impressionné par les perspectives ouvertes par ce concept et je suis impatient de voir quel impact la Kona pourra avoir sur le renouveau du windsurf… mon petit doigt me dit que cet impact pourrait bien être considérable.

    Kona concept par Patrice Belbéoc'h

    Si l'on regarde quelques années en arrière, à la belle époque du windsurf, on voit bien quel type de planche a attiré en masse le grand public vers notre sport vers le milieu des années 80 : des flotteurs longs et relativement étroits, munis d'une dérive.

    Certes, les planches modernes, compactes et larges, se sont révélées d'excellents supports pour l'apprentissage de par leur stabilité, même si elles sont inférieures à leurs aînées en ce qui concerne le virement de bord et la remontée au vent. Mais elles ne peuvent égaler un longboard dans les conditions de non planing. Notre but, quand nous avons commencé à développer le concept de la Kona, a donc été de tenter de réinventer ce qui faisait le succès du windsurf dans ses belles années, tout en y ajoutant le meilleur de la technologie moderne et des dernières innovations en matière de shape.

    La Kona se devait d'ouvrir de nouvelles perspectives : nous pensons qu'elle remplira sa mission. C'est effectivement une planche tout autant adaptée à la ballade tranquille qu'une Raceboard performante dans le tout petit temps, grâce à son volume, ses rails rentrés, sa ligne de rocker plate et son outline arrondi. Mais ses aptitudes au planning n'en sont pas sacrifiées pour autant, en raison de la présence du " duck tail " qui offre une longueur de flottaison considérablement réduite dès que la planche décolle de l'eau et qui " booste " le flotteur dans le départ au planning. Celui-ci est donc nettement plus rapide que sur un longboard conventionnel.

    En fait, l'idée de cette double carène a été assez longue à venir. Pendant trois ans, nous avons testé des planches à dérive dans l'optique de travailler sur le projet de la future planche olympique, puis pour la mise au point de la gamme des Pacer. Durant cette période, j'ai réalisé que ce type de planche restait encore un peu trop technique pour des débutants, ou même pour des planchistes de bon niveau mais souhaitant simplement être sur l'eau le plus souvent possible sans trop se " prendre la tête " avec leur matériel.

    Il y a 20 ans, la technologie utilisée était bien différente de celle d'aujourd'hui. Les flotteurs de l'époque faisaient facilement 20 à 25kg… alors qu'actuellement les planches de même volume sortent à 15kg ! Cette avancée considérable de la technologie m'a persuadée qu'on pouvait probablement réaliser un flotteur léger, capable d'aller vite dans les phases de non planning, tout en restant très fun dès le planning atteint. Encore fallait-il trouver la solution pour concilier deux aspects apparemment contradictoires.

    Au cours du développement de la Kona, il y a eu quelques surprises et nous avons finalement opté pour un outline largement inspiré des longboards de surf. Nous avons également intégré à la carène un V similaire à celui de ces longboards, qui sont également des planches très rapides à la rame.

    Pour ce qui concerne le duck tail très prononcé (35cm), je voulais obtenir une bonne glisse dans le petit temps : c'est la raison pour laquelle ce duck tail est très tendu, sans aucun kick. La partie de la carène qui est opérationnelle dès le planning atteint est réalisée sur la base d'un bon vieux scoop, très largement éprouvé, que nous avions mis au point à l'époque où nous avons sorti la fameuse AHD 310… il y a une dizaine d'années donc.

    Lors des premiers tests, j'ai été agréablement surpris de constater que la planche remontait vite et bien au vent, parfaitement calée sur le rail malgré la dérive relativement courte. Et dès les premières rafales, j'ai constaté que la planche partait néanmoins très rapidement au planning. C'est d'ailleurs assez étrange au début que d'avoir l'impression d'avoir autant de longueur à l'arrière, derrière l'aileron, mais en fait on l'oublie très vite en navigation. Une fois au planning, la Kona semble même finalement bien plus courte qu'elle ne l'est réellement… et elle avance plutôt bien puisque je l'ai montée à 28,2 næuds en Vmax au GPS !